À Propos de…

 

Au XVe siècle, l’Amérindien et le Mélanoderme subsaharien sont caractérisés par une partie de la royauté de la Péninsule Ibérique et l’Eglise Catholique comme étant dépourvus d’Âmes et de raison dépassant à peine le stade dit « animalier ». De ce fait leurs réalités et toutes leurs expériences du vivant acquises ne sont que l’expression de fantasmes et superstitions dont il faut rapidement l’en séparer en l’instruisant soi-disant aux merveilles de la civilisation par le biais de l’esclavage. À l’instar de l’Empire Romain qui caractérisait les peuples Gaulois de primitifs, l’Église et la Péninsule Ibérique ont posé les jalons d’une des plus grandes fractures du Vivre Ensemble. Fracture que vinrent affermir au XVIIIe siècle les philosophes du dit « Siècle des Lumières », puis au XIXe la « Théorie de l’Évolution » de l’anglais Charles Darwin et enfin Essai sur les inégalités des races humaines du français Jean Arthur de Gobineau. L’Église et son imaginaire ne sont plus nécessaires pour justifier la primitivité et la servitude du Mélanoderme, c’est désormais la science ou ce qui en ressemble qui fournit les arguments. L’esclavage est à peine abolit qu’est structuré le racisme, le Mélanoderme, du fait de ses différences morphologiques est génétiquement inférieur à toutes les autres races de la Terre. La colonisation consacrée à la Conférence de Berlin de 1884 à 1885 a un boulevard moral devant elle, après avoir civilisé les esclaves de l’extérieur du pays, il est temps de s’occuper de ceux présents à l’intérieur des terres, depuis lors l’imaginaire du Mélanoderme a fait sien celui du Leucoderme.

Résultat de ces grandes lignes de l’histoire connue et contée au quotidien, il est imprimé dans l’inconscient collectif que le monde primitif en général et l’Afrique en particulier n’ont pas eu d’expérience de vie pertinente pour la modernité. Si bien sûr le racisme et ce qui en découle sont remis en cause et officiellement combattus, à l’exception de quelques intelligences, le grand nombre semble se contenter de cette fracture entre monde dit « moderne » et monde « primitif ». Or c’est par idéologie que cette fracture fut créée il y a presque 600 ans et y adhérer, c’est accepter que plus de 300 000 ans d’existence du Mélanoderme n’ont abouti sur aucune Vision ou Modèle du Vivre Ensemble.

Chroniques Baka est la concrétisation d’une idée : l’histoire du monde « primitif » en général et de l’Afrique en particulier a à peine été esquissée. Et qui de mieux placé que l’Ancêtre de nombreuses populations d’Afrique Centrale, improprement nommé pygmée mais qui se reconnaît au Nom de Baka, pour nous conter cette Histoire ? Mais avant de pouvoir l’entendre, il est nécessaire de débarrasser notre regard d’un certain nombre de certitudes.

 

Enfants Baka se préparant pour un Rite